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NOUS SOMMES TOUS DES CHEVALS
Edgar BISON - Charles DUÉDAL

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Vive la France (au palmier)
Otto Bonchïte, 1984

DE L'IMPORTANCE DE L'AMOUR DANS LE CHEVAL
extrait de la conférence "Pour l'amour de l'Art" donnée par le professeur Gilles Torsick à la chambre de commerce du Mans en avril 1997

   Bien sûr,  tout a été redit voire même reredit voire plus, et pourtant il est nécessaire à l’aube  d’un siècle finissant de se rendre à la cruelle évidence : le cheval n’a (et n’aura jamais) tous l’amour qu’il mérite, et ce pour plusieurs raisons : la première et la plus évidente, c’est bien sûr qu’il est extrêment délicat d’obtenir une discussion pertinente avec un cheval. C’est bien connu, le cheval ne parle pas et sa connaissance en sujets variés est plus que succincte, comme le montre le splendide quoique un brin inintéressant Entretien avec un cheval, tome 2 paru aux éditions Plon (ndlr : voir les Chevals dans la Littérature Nordiste). Or un amour sans communication, c’est un amour qui dit non.
   Second argument, et non des moindres ; l’absence du sabot dans la représentation traditionnelle des scènes amoureuses à travers les siècles. C’est triste à dire mais c’est comme ça.
   Troisième argument : le cheval est depuis la nuit des temps incapable de prendre une douche. Or il est tout à fait délicat de faire la cour à une quelconque personne en sentant le cheval (ndlr : le cheval ne sent pas bon, c’est pour ça).
   On nous dit l’Amour de Art, mais j’ai bien démontré que le cheval n’est pas Amour, alors pourrait-il être possible que le cheval ne soit pas Art et inversement puisqu’il n’est et ne sera jamais Amour ? On peut néanmoins accorder que le cheval peut être demi-Amour si l’on songe à certaines gaudrioles présentes sur internet montrant de jeunes femmes bien dans leurs peaux s’enfoncer diverses parties anatomiques chevalines dans, pat exemple, le cul. Mais je m’égare et pouvons-nous décemment parler d’Amour s’il ne s’agit pas d’Art total, tant bien même qu’il s’agirait d’un quart d’Amour suppléé par un zeste de Tendresse et un demi litre de fougue, non, non et non, on   ne parle ici que d’Amour total et définitif, d’un Amour sain provoquant l’Art pur, celui que les anciens appelaient déjà l’Art démodé.

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